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L'influence métabolique dans les maladies chroniques

Dans cette interview, Dr Jason Fung s'entretient avec Dr Ben Bikman, scientifique biomédical et auteur de Why We Get Sick. Leur conversation explore pourquoi l'accent de la médecine moderne sur le glucose passe souvent à côté du marqueur plus critique : l'insuline.

L'évolution de la recherche sur le tissu adipeux

Historiquement, les cellules graisseuses étaient considérées comme de simples « sacs » de stockage inertes. Dr Bikman explique que la recherche a depuis montré que la graisse est un véritable organe endocrine [00:04:05]. Elle sécrète des protéines pro-inflammatoires (cytokines) qui peuvent déclencher une résistance à l'insuline dans tout le corps [00:03:09].

Le rôle de l'insuline dans le stockage des graisses

L'insuline agit comme le signal hormonal principal indiquant aux cellules quoi faire de l'énergie.

  • « L'enfant obéissant » : Les cellules graisseuses n'ont pas l'« intelligence » pour stocker les graisses par elles-mêmes ; elles attendent des ordres hormonaux, principalement de l'insuline [00:09:41].
  • Diabète de type 1 vs type 2 : Dans le type 1 (absence d'insuline), une personne peut avoir beaucoup de calories mais maigrir, car les cellules graisseuses ne peuvent pas « s'ouvrir » pour stocker l'énergie [00:09:05]. Dans le type 2, le problème est un excès d'insuline (hyperinsulinémie), qui force le corps dans un état constant de stockage [00:12:16].

Le cercle vicieux de la résistance à l'insuline

Dr Bikman souligne un principe biologique fondamental : Un stimulus incessant mène à la résistance [00:18:52].

  1. Insuline élevée : Les collations constantes et les régimes riches en glucides maintiennent des niveaux d'insuline élevés [00:14:47].
  2. Résistance : Pour se protéger du signal « trop fort » de l'insuline, le corps devient « sourd » à celle-ci (résistant) [00:19:13].
  3. Réponse compensatoire : Le corps sécrète encore plus d'insuline pour surmonter la résistance, aggravant le problème sous-jacent [00:20:22].

Impact sur le syndrome métabolique

Le syndrome métabolique est un ensemble de cinq conditions, toutes liées à une insuline élevée [00:33:20] :

  • Hypertension : L'insuline pousse les reins à retenir le sel/l'eau et active le système nerveux sympathique [00:35:46].
  • Triglycérides élevés : L'insuline stimule la néo-lipogenèse (création de nouvelles graisses à partir du sucre) dans le foie [00:37:31].
  • HDL bas : L'insuline accélère l'élimination du HDL du sang [00:38:01].
  • Obésité abdominale : Spécifiquement liée à la façon dont les cellules graisseuses croissent.
  • Glycémie élevée : Un symptôme tardif de l'échec du système à gérer l'insuline.

Hypertrophie vs Hyperplasie (Pourquoi certains « maigres » tombent malades)

Dr Bikman explique que la façon dont on prend du poids importe plus que la quantité [00:48:15] :

  • Hyperplasie : Création de nouvelles petites cellules adipeuses (généralement plus saine car elles restent sensibles à l'insuline) [00:49:04].
  • Hypertrophie : Les cellules graisseuses existantes deviennent trop grandes. Une fois qu'elles atteignent une « dimension maximale », elles deviennent hypoxiques (suffoquées), inflammatoires et commencent à déverser des graisses dans d'autres organes comme le foie et les reins (graisse ectopique) [00:51:28].

Points clés pour la longévité

  • Concentrez-vous sur l'insuline, pas seulement sur le glucose : Les cliniciens ignorent souvent les niveaux d'insuline, mais un insuline élevée est hautement pathogène et liée aux maladies cardiaques, à Alzheimer et au cancer [00:23:03].
  • Le débat sur le LDL : Dr Bikman note que le LDL est souvent un pire prédicteur de maladie cardiaque par rapport au ratio Triglycérides/HDL et aux marqueurs de la résistance à l'insuline [00:26:28].
  • Traitement de la cause : Pour inverser la maladie métabolique, l'approche doit passer de « donner plus d'insuline » à réduire l'insuline via l'alimentation et le mode de vie [00:21:13].

Références :