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Insuline vs Glucagon : Pertinence des protéines alimentaires

Dans cette conférence, Dr Benjamin Bikman explore la relation entre les protéines alimentaires et les deux hormones principales du pancréas : l'insuline et le glucagon. Il aborde la peur répandue des protéines dans la communauté low‑carb et explique pourquoi le contexte alimentaire modifie la réponse du corps aux protéines.

La lutte hormonale

Dr Bikman décrit l'insuline et le glucagon comme des hormones antagonistes [00:03:41] :

  • Insuline (l'hormone de l'alimentation/du stockage) : de nature anabolique ; favorise la synthèse et le stockage d'énergie.
  • Glucagon (l'hormone du jeûne/de la combustion) : de nature catabolique ; favorise la dégradation des molécules complexes pour fournir de l'énergie.

Spécificité tissulaire

Les effets de ces hormones varient selon les tissus [00:05:12] :

  • Muscle : strictement anabolique ; contrôlé par l'insuline. Le muscle n'a pas de récepteurs au glucagon.
  • Tissu adipeux : les deux hormones ont des récepteurs, mais l'insuline l'emporte généralement, favorisant le stockage des graisses.
  • Foie : le glucagon est le principal moteur ici, favorisant la production de glucose (gluconéogenèse) et la production de cétones (cétogenèse).

Le ratio insuline/glucagon

Le « tonus métabolique » du corps est déterminé par le ratio insuline sur glucagon [00:13:14] :

  • Ratio élevé : état anabolique (régime occidental classique).
  • Ratio bas : état catabolique (jeûne ou régime pauvre en glucides).

Effet des protéines selon le contexte

Un point clé est que l'effet insulinogène des protéines dépend entièrement de la glycémie sous‑jacente (taux de sucre sanguin) [00:08:22] :

  1. Régime américain standard (trop de glucides) : la prise de protéines entraîne une forte hausse d'insuline (jusqu'à 20×) et une diminution du glucagon [00:19:29].
  2. État low‑carb / à jeun : la prise de protéines n'entraîne aucun changement du ratio insuline/glucagon. Le glucagon augmente pour soutenir la gluconéogenèse et empêche l'insuline de provoquer une hypoglycémie [00:20:08].

La formule de la cétogenèse

Dr Bikman identifie trois composants essentiels pour une production efficace de cétones [00:29:18] :

  1. Insuline basse
  2. Glucagon élevé
  3. Carnitine suffisante (pour escorter les acides gras dans les mitochondries pour l'oxydation) [00:27:30].

Fait intéressant, la viande rouge est mise en avant comme un « aliment magique » car elle contient naturellement le mélange idéal de protéines, de graisses et de carnitine pour soutenir ce processus [00:30:06].

Les trois piliers de Dr Bikman pour la santé métabolique

Pour maintenir un faible ratio insuline/glucagon, Dr Bikman propose une approche en trois étapes [00:32:21] :

  1. Contrôler les glucides : limiter à ~50 g/jour et privilégier des sources de qualité qui provoquent peu d'élévation d'insuline.
  2. Prioriser les protéines : viser 1,5 à 2,0 g par kilogramme de poids corporel pour préserver la masse maigre, surtout en vieillissant [00:33:27].
  3. Compléter avec des graisses : utiliser les graisses pour couvrir les besoins caloriques restants, en privilégiant des graisses « ancestrales » comme les graisses animales et les huiles de fruits (olive, avocat, coco) plutôt que les huiles industrielles issues de graines [00:34:43].

Source : Dr. Benjamin Bikman - 'Insulin vs. Glucagon: The relevance of dietary protein'